Presse 2009

L'Hérault du Jour. Mercredi 4 novembre 2009.
Art-thérapie. Réalisé avec des personnes atteintes de troubles dépressifs, le film "Passages à niveaux" sera projeté ce vendredi à 18h30 au Comoedia.

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Quand les patients jouent à visage découvert.

 C'est un court-métrage hors du commun qui sera projeté vendredi soir au comédien places Aristide brillant. Le film intitulé passage à niveau a été réalisée avec une douzaine de personnes souffrant de troubles dépressifs, des plus mineurs aux plus graves schizophrénies.
À l'origine du projet, l'association d'art-thérapie "Ateliers quais et toiles". Créée en 2002 par Franck Saintrapt, cette structure, rattaché au centre hospitalier du bassin de Thau, a pour objectif de sortir les patients du dispositif de soins habituels.
Par le biais d'une convention signée avec la ville, des ateliers sont ainsi proposés au Miam (musée international des arts modestes) depuis cinq ans. Après avoir exposé des créations plastiques en 2006, l'association a réalisé un film d'animation en 2008. De cette expérience audiovisuelle, menée en partenariat avec Michel Reynaud, un infirmier passionné d'images, est née l'envie de faire un court-métrage.

Une belle aventure humaine.


Avec très peu de moyens et de temps (un atelier par mois durant un an et deux jours de tournage), l'équipe a dû faire preuve d'imagination : travelling en aluminium fait maison, micro monté sur un manche à balai, studio improvisé au Miam…
Outre la technique, la direction d'acteur n'a pas été une mince affaire. "C'était un gros challenge de faire tourner des gens qui ont du mal à affronter le regard public", témoigne Michel Reynaud. "Au départ nous leur avons proposé de mettre des masques mais ils ont choisi de jouer à visage découvert", ajoute Franck Saintrapt.Les participants ont créé leur personnage, sorte d'alter ego imaginaire, et les ont mis en scène dans une gare. Tous attendent un train… Qui n'arrive pas. Prosper, le chef de gare, leur propose alors de passer une nuit à l'hôtel situé à proximité. Ce huis clos va favoriser la rencontre, devant mais aussi derrière la caméra. "Au travers des personnages, les gens se racontent note l'art thérapeute. Ils disent autre chose que dans l'espace de soins. C'est plus naturel, plus dur aussi car moi protégé, il y a eu des pleurs et mème deux hospitalisations durant le tournage. Ce travail à remué tout le monde y compris le personnel soignant".
"Nous étions tous dans la même galère, sourit l' infirmer.Cette proximité se perd dans les services de soins, où il faut aller vite, très vite. Là, on s'est accordé du temps pour être ensemble. On fait une aventure humaine forte une belle tranche de vie. "Je ne pourrai plus visité une galerie d'art de la même manière, avoue Franck. La création permet d'aller au bout de sa folie. Sur ce projet, on s'est s'illusionné ensemble."Après il faudra symboliquement tuer le film, l'abandonner, effectuer un travail à froid". "L'objectif de ce type d'action est de rendre une place sociale à ces personnes fragiles, rejetées par un système qui ne veut que des gens productifs",conclut Michel Reynaud . Fragile, qui ne l'est pas ?


Emmanuelle Stange.

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La Gazette de Sète numéro 192. Du 5 au 11 novembre 2009

 

L'art-thérapie au Comoedia.

 

 

Pour prolonger le travail d'art-thérapie, Franck Saintrapt, ancien infirmier et art-thérapeute depuis 2000, et son association « Ateliers quais et toiles », présente des projets artistiques, comme le court-métrage « Passages à niveaux » au Comoedia le vendredi 6.  Depuis 2004, les ateliers du Miam sont mis à leur disposition où les patients y créent un alter ego individuel puis collectif par la confrontation. De là est née l'idée d'un court-métrage composé de saynètes. Avec Michel Reynaud  infirmier psychiatrique passionné de vidéo, Franck Saintrapt a monté un projet d'équilibriste, le challenge étant  de ne pas oublier que derrière l'art, il y a des émotions du quotidien.

 

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L'Hérault du Jour. Lundi 9 novembre 2009.

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Art thérapie. « Passages à niveaux », un film drôle, poétique et déroutant.


Comme un supplément d'âme.

 

Projeté vendredi soir à Sète, au Comoedia, le film « Passages à niveaux » bouscule nombre d'idées reçues sur la maladie mentale.

Ce court-métrage, réalisé par l'association d'art thérapie « Ateliers quais et toiles » met en scène une douzaine de personnes souffrant de troubles dépressifs des plus mineurs ou plus grave (schizophrénie).
Avec peu de temps et de moyens, ces comédiens hors normes ont réussi à créer des personnages très  attachants. Le VRP des étoiles, la mouche, le coureur, l'exubérante Loulou, le pianiste et tous les autres attendent un train qui n'arrive pas. Coincés dans l'hôtel de la gare, ils apprennent à se connaître.
La sincérité des acteurs, leur sensibilité à fleur de peau accrochent le regard et emporte le spectateur dans un univers drôle et poétique. Au-delà de sa portée thérapeutique, le film a de vraies qualités artistiques. Il met en lumière non pas la souffrance et les peurs des patients  mais leur supplément d'âme. « Ça nous a beaucoup apporté de faire ce travail, témoigne Gilles. On s'est jeté à l'eau, même si on ne sait pas nager ». « Jouer à visage découvert et affronter le regard du public était un sacré challenge. Ce n'est pas facile de se voir à l'écran, avoue Marina. Il a fallu apprendre à s'accepter à s'aimer. Aujourd'hui, nous sommes fiers d'avoir fait ce film, fiers de prouver qu'on peut faire quelque chose ». Le film, les patients ne l'ont découvert que quelques heures avant la projection. « L'attente a été longue, sourit Natacha. Les gens qui nous connaissent, habituellement réservés, vont nous voir d'un autre œil. C’est l'acceptation de soi dans la société qui est en jeu, ajoute Gilles. Je suis agoraphobe et pendant vingt ans je ne suis pas sortie de chez moi, confie Marina. Grâce aux ateliers d'art thérapie, je peux désormais aller vers les autres ».

 

Une belle histoire, donc. Seule ombre au tableau, le décès par accident de l'une des comédiennes, Roselyne Loulou, qui n'aura pas pu voir le film. Un regret aussi : que le court-métrage ne soit pas rediffusée. «Il est possible que nous le fassions tourner dans des musées, mais rien n'est encore décidé », précise Michel Reynaud , l'un des deux infirmiers porteurs du projet. Reste que tous ceux, et ils étaient nombreux, qui ont assisté à la projection vendredi soir, sont ressortis avec le sourire.



Emmanuelle Stange.

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